Dans la ville de Bukavu, les frais exorbitants appliqués par les échangeurs lors des opérations de retrait et transfert d’argent via Airtel Money suscitent l’indignation des habitants. Alors que le service est censé faciliter les transactions financières, de nombreux utilisateurs se plaignent des coûts additionnels qui grèvent leur budget quotidien.
Des frais qui s’accumulent
Pour de nombreux Bukaviens, l’utilisation d’Airtel Money est devenue une nécessité, surtout dans un contexte où les transactions en espèces sont de plus en plus risquées. Cependant, les frais imposés par les échangeurs rendent cette solution moins accessible. Selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, ces frais peuvent atteindre jusqu’à 10% du montant transféré, une somme non négligeable pour la population locale.
« La semaine dernière, j’ai voulu faire le retrait de 50 000 francs congolais à ma sœur. À la fin, elle n’a reçu que 45 000 après avoir payé les frais. C’est injuste, surtout quand on sait que beaucoup d’entre nous vivent avec moins de 100 000 francs par mois. »
Un service essentiel mais coûteux
Pour certains, Airtel Money reste le seul moyen de faire des transactions rapides et sécurisées en cette période de guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo. Mais la frustration grandit face à ces frais qui semblent s’accroître sans justification. Marie-Claire, une commerçante du marché central de Kadutu, témoigne : « J’utilise Airtel Money pour mes affaires, mais chaque fois que je fais une opération, je me sens volée. Les échangeurs profitent de notre situation. »
Les jeunes, qui représentent une grande partie des utilisateurs d’Airtel Money, ne sont pas en reste. Pour eux, ces frais sont un frein à leur activité économique. « Nous avons besoin de ce service pour gérer nos petites entreprises. Mais avec ces frais, c’est difficile de rester compétitifs », explique l’entrepreneur Koffi.
Appels à la régulation
Face à cette situation, plusieurs citoyens appellent à une régulation des frais appliqués par les échangeurs. Ils estiment qu’il est temps que les autorités prennent des mesures pour protéger les consommateurs. « Nous demandons au gouvernement et à l’Autorité de régulation de veiller à ce que ces frais soient encadrés. Il est essentiel de garantir l’accès à des services financiers abordables pour tous », plaide Émile, un activiste local.
À Bukavu, le débat sur les frais des échangeurs d’Airtel Money est loin d’être clos. Alors que la population continue de faire face à des défis économiques croissants, il est crucial que des solutions soient trouvées pour alléger le fardeau financier que représentent ces frais excessifs. Les voix des habitants doivent être entendues pour garantir un accès équitable aux services financiers dans la région.
